mardi 22 septembre 2026

1124./ pchb 158./ LIL McCLINTOCK : 'Don't Think I'm Santa Claus' (1930), 'Sow Good Seeds' (1930) & 'Mother Called Her Child To' (1930). - Extraits du 33 tours 'Atlanta Blues 1927-30 - The Complete Recording in Chronological Order of Julius Daniels - Lil McClintock'raits du 33 tours ', paru en 1986.

Lil McClintock est une figure étrange, rare et fascinante du country blues pré‑guerre, un musicien dont l’existence documentée tient en quatre chansons enregistrées en une seule journée, puis… plus rien. Lil McClintock est né le 5 juin 1883 à Clinton (South Carolina) et nul de peu dire quand il est mort ? C'est chanteur de country blues qui s’accompagne à la guitare acoustique. Très peu d’informations subsistent sur sa vie, ce qui contribue à son aura quasi fantomatique, renforcée par la seule photo que l'on connaisse de lui. Il a joué dans les rues de sa ville natale, Clinton, avant d’être repéré par Burm Lessie, manager de Cooper’s Furniture Store, qui l’envoye enregistrer pour Columbia avec un autre musicien local, Blind Gussie Nesbitt. Son surnom “Lil” serait soit une abréviation de little, soit une référence ironique à sa silhouette grande et très mince. Le 4 décembre 1930, Lil McClintock enregistre quatre titres pour Columbia Records, tous publiés en 1931 : Furniture Man, Don’t Think I’m Santa Claus, Sow Good Seeds, Mother Called Her Child to Her Dying Bed ; ces quatre titres constituent l’intégralité de son œuvre connue et ils ont été tirées à seulement 750 exemplaires, ce qui en fait aujourd’hui l'un des disques parmi les plus rares du blues pré‑guerre. Les deux premiers morceaux appartiennent au registre des “coon songs”, un genre longtemps non réédité en raison de ses représentations racistes héritées du minstrel show , Les deux autres titres sont des gospels, plus représentatifs de la tradition du songster rural, Lil McClintock se distingue par un chant rugueux mais prècis, envoutant que son jeu de guitare accompagne à merveille. Après cette session d'enregistrement, Lil McClintock disparaît totalement des archives, aucune trace de concerts, d’activité musicale, pas d'indications même sur sa mort. Les enregistrements de Lil McCLINTOCK ont été réédités en 1986 avec le 33 tours 'Atlanta Blues 1927-30 - The Complete Recording in Chronological Order of Julius Daniels - Lil McClintock' et ce qui a ravivé un intérêt pour cette figure marginale, énigmatique, du blues des Carolines. Aujourd’hui, ses disques sont très recherchés par les collectionneurs.- Christian-Edziré Déquesnes.

lundi 21 septembre 2026

1123./ pchb 158./JULIUS DANIELS : 'Ninety-Nine Year Blues' (1927) & 'Crow Jane Blues' (1928) . - Extraits du 33 tours 'Atlanta Blues 1927-30 - The Complete Recording in Chronological Order of Julius Daniels - Lil McClintock', paru en 1986.

Julius Daniels était un chanteur et guitariste de Piedmont blues, actif dans les années 1920 et aujourd’hui considéré comme l’un des premiers musiciens afro‑américains du Sud-Est des États-Unis à avoir enregistré commercialement ; il est né le 20 novembre 1901 à Denmark en Caroline du Sud) er il meurt le 18 octobre 1947 à Charlotte en Caroline du Nord. Son Style, nommé Piedmont blues, est du blues acoustique, aux influences sacrées du gospel et du country-blues, il était aussi pompier à Charlotte. Julius Daniels a grandi dans un contexte rural marqué par les difficultés socio‑économiques imposées aux communautés afro‑américaines du Sud sous Jim Crow. Il enregistre dés 1927 pour le label Victor, à Atlanta, des titres qui seront des références : '99 Year Blues', 'My Mamma Was a Sailor', 'Crow Jane Blues', 'Richmond Blues' et 'Year Blues' a été largement repris, notamment par Johnny Winter et Hot Tuna. Bien qu’il n’ait beaucoup enregistré, Julius Daniels est essentiel dans l’histoire du Piedmont blues car il est le pionnier des enregistrements afro‑américains dans le Sud-Est et un pont entre le blues rural, le chant gospel et la country-blues.- Christian-Edziré Déquesnes.

vendredi 11 septembre 2026

1022./ pchb 157./ ASHTON SAVOY : "Tell Me Baby" (1965), JUKE BOY BONNER & The On Man Trio : "Can't Hardly Keep from Crying" (1960), BIG CHENIER & The Night Owls : "The Dog & His Puppies" (datation inconnue), HOP Wilson : "Broke & Hungry" (1958) & JAY (Mr. Sugar Bee) STUTES : "Hound Dog Baby"(datation inconnue). - Extrait du 33 tours "Bluesscene USA - The Louisiana Blues", paru en 1975. - Première diffusion le 11.04.2026 - 23 ,

1121./ JAY (Mr. Sugar Bee) STUTES with Cleveland Crochet & All Sugar Bees : 'Midnight Blues' (1962) & "Sugar Bee / Come Back Home" (1960).

Jay (Mr. Sugar Bee) Stutes est le surnom de Jesse Lloyd “Jay” Stutes, Sr., musicien cajun né le 7 septembre 1933 à Morse, Louisiane, et décédé le 19 mai 2000 à Jennings, Louisiane. C’était un steel guitarist, chanteur, bassiste et batteur, actif dans plusieurs formations cajun et swamp‑rock. Pourquoi “Mr. Sugar Bee” ? Ce surnom vient du morceau “Sugar Bee”, enregistré en 1960 avec Cleveland Crochet and the Sugar Bees. Jay Stutes y chante et joue la steel guitar. Le titre est devenu le premier disque cajun à entrer dans le Billboard Hot 100, un jalon historique du swamp‑rock louisianais.- Christian-Edziré Déquesnes.

lundi 31 août 2026

1118./ JOHN ARTHUR LEE alias JOHN LEE : "Blinds Blues" (1951) & "Down at the Depot" (1951).

John Arthur Lee (24 mai 1915 – 11 octobre 1977) est un country bluesman originaire de Mount Willing, Alabama ; il joue guitare slide, piano, et chante dans un style rural, très marqué par les bluesmen des années 1920 comme Blind Blake, Blind Lemon Jefferson et Leroy Carr. John Lee enregistre une sessin de titres pour le label Federal en juillet 1951 et seulement en 1952 deux de ces morceaux sortent en 1952 sur Federal Records, Les autres seront réédités bien plus tard dans des compilations. Une voix nasale et tendue, typique du country blues post‑guerre, les structures simples des blues de John sont simples mais expressives, héritées des bluesmen aveugles des années 1920 ; John Lee est donc un bluesman rural pur jus : Slide au couteau (technique apprise de son oncle Ellie Lee), blues de juke joints, fish suppers, house parties dans les années 1930–40, un style au jeu très proche des premiers enregistrements de blues acoustique, mais capté tardivement (1951). Après avoir arrêté la musique vers 1960, John est retrouvé en 1973 par le chercheur Gayle Dean Wardlow, il enregistre alors un album pour Rounder Records (1974), où il révèle aussi un style de piano très personnel. John Lee est important car il est l’un des derniers véritables country bluesmen enregistrés par un grand label.Ses titres de 1951 sont considérés comme les ultimes traces du country blues traditionnel avant l’extinction du genre dans l’industrie. “Down at the Depot” est souvent qualifié de chef‑d’œuvre du blues rural. - Christian-Edziré Déquesnes.

mardi 25 août 2026

1115./ THE BOB GEDDINS Blues Legacy - cd B : "STRANGEST BLUES" (1954, Jimmy Wilson) & "BEGGAR MAN BLUES" (1954, Willie B. Huff). Bob Geddins était un authentique bluesman, musicien mais surtout un incroyable producteur, une superbe anthologie (parue en 2009 sur JSP Records) permet de mesurer son travail. - Première diffusion le 08.01.2022.




1114./ BOB GEDDINS, le producteur artisan du blues d'Oakland et de LOWELL FULSON & THE FUL-RONES : "Thinking Blues" (1947), JIMMY McCRACKLIN : "Miss Mimmie Lee Blues" . - Extraits du cd 1/4 du coffret "The BOB GEDDINS Blues Legacy", paru en 2009 sur le label JSP Records.

Dans l’histoire du blues américain, certains noms brillent en pleine lumière, d’autres travaillent dans l’ombre, mais leur empreinte est si profonde qu’elle façonne tout un paysage musical. Bob Geddins (1913–1991) appartient à cette seconde catégorie : un homme discret, obstiné, passionné, qui a bâti presque seul le son du blues de la côte Ouest. À Oakland où on le citait comme 'le parrain du blues local". Né à Highbank, au Texas, Geddins grandit dans un environnement où le blues est une langue quotidienne. Quand il s’installe en Californie pendant la Seconde Guerre mondiale, il découvre une scène en pleine effervescence : des musiciens venus du Sud, des clubs bondés, une énergie brute qui ne demande qu’à être captée. Geddins comprend immédiatement ce qui manque : des studios, des labels, des gens capables d’enregistrer cette musique. Alors il décide de le faire lui-même, devient un producteur indépendant et à partir de 1948, Bobn Geddins fonde une constellation de labels — Art-Tone, Big Town, Cava-Tone, Down Town, Irma, Plaid, Rhythm, Veltone… au moins huit labels auxquels s’ajoute le micro‑label Gedinson’s dans les années 60 ; souvent installée dans des locaux modestes, parfois improvisés, mais toujours animés par la même idée : donner une chance aux musiciens de la Bay Area. Il enregistre tout le monde : les habitués des clubs, les talents bruts, les voix qui n’auraient jamais franchi la porte d’un grand label. Il presse les disques, les distribue lui-même, les vend dans les magasins locaux. Geddins est un producteur, un ingénieur du son, un entrepreneur, un passeur. Il fait tout, parce que personne d’autre ne le fait. Aucun enregistrement connu ne le présente comme instrumentiste ; les sessions qu’il dirigeait mettaient en avant les artistes, jamais lui, il ne chantait pas et n’a laissé aucun enregistrement vocal à l'exception d'un enregistrement 'Irma Jean Blues" de 1946. Son rôle était entièrement tourné vers la production, l’écriture et la mise en valeur des autres. Bob Geddins n'apparait sur aucun enregistrement en tant que muscien, mais comme producteur, ingénieur du son, propriétaire de label parfois comme compositeur (crédité ou non),mais jamais comme guitariste, organiste ou chanteur. Les artistes qu’il révèle, grâce à lui, trouvent leur voie : Lowell Fulson, figure majeure du West Coast blues, Jimmy McCracklin, pilier de la scène d’Oakland, Johnny Fuller, dont Geddins produit le futur classique 'Haunted House', Sugar Pie DeSanto, voix flamboyante du Rythm 'n', Etta James, encore jeune, star en devenir. Bob Geddins ne cherche pas à fabriquer des stars : il cherche à capturer la vérité de ces artistes, leur énergie, leur identité ; c'est aussi un compositeur sous-estimé, on oublie souvent que Geddins est aussi un excellent songwriter. Plusieurs titres devenus des standards portent sa signature : Tin Pan Alley, Mercury Blues, My Time After A While, Haunted House, ces chansons ont été reprises, transformées, parfois dépossédées de leur auteur, mais leur origine raconte une chose : Bob Geddins savait écrire le blues avec une simplicité poignante, une efficacité redoutable. Le blues californien n’aurait pas sans la même couleur sans lui. Son travail a permis à une scène locale de se forger, de laisser des traces, de survivre. En 2009, le coffret The Bob Geddins Blues Legacy, paru sur le label JSP a rappelé au monde l’ampleur de son œuvre : 107 enregistrements, une mosaïque de voix, de guitares, de vies. Bob Geddins n’a jamais recherché la gloire. Il a cherché la musique. Et il l’a trouvée partout où elle se cachait : dans les bars d’Oakland, dans les garages, dans les voix fatiguées des travailleurs du Sud venus refaire leur vie en Californie. Son héritage n’est pas celui d’un magnat. C’est celui d’un artisan, d’un homme qui a construit un pont entre des musiciens et leur public. Un homme qui a permis au blues de la côte Ouest d’exister, de respirer, de perdurer. - Christian-Edziré Déquesnes.