mercredi 12 août 2026

1090 & 347./ EDDIE KIRKLAND : "I Must Have Done Somebody Wrong" & "Train Done Gone" (1959) - Extrait du cd-D/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records. Première diffusion le 19.02.2024 - 30.

Eddie Kirkland (1923–2011) est l’une des figures les plus singulières et nomades du blues américain — un musicien que l’on surnommait “The Gypsy of the Blues” pour ses tournées incessantes, son énergie brute et son style profondément personnel. Guitariste, harmoniciste, chanteur, songwriter, Eddie Kirkland est un bluesman électrique qui a traversé presque tout le XXᵉ siècle du blues, il est né en 1923, probablement à Kingston (Jamaïque) ou Dothan (Alabama) — les sources divergent. Il meurt en 2011 à Crystal River, Floride, après un accident de voiture. Il c'est une réputation notamment pour ses accordages originaux, son jeu au pouce (sans médiator), ses riffs nerveux, et une présence scénique explosive (parfois acrobatique). C’est l’un des piliers du Detroit blues, aux côtés de John Lee Hooker, Eddie Burns, Bobo Jenkins, Sylvester Cotton, etc. Il arrive à Detroit dans les années 1940, il travaille le jour à la Ford Rouge Plant et joue le soir dans les house parties. De 1949 à 1962, il devient le second guitariste attitré de John Lee Hooker, participant à de nombreuses sessions mythiques. Il suit John Lee Hooker dans ses tempos fluctuants, ses grooves libres : “It was difficult playin’ behind Hooker but I had a good ear…” Il contribue à transformer le delta blues brut en blues électrique urbain, notamment grâce à son jeu avec son pouce. Eddie Kirkland est donc un maillon direct entre le blues rural du Sud et le son électrique de Detroit — exactement le fil que tu explores dans tes recherches sur Hooker, Burns, Cotton, Garden City Blues, etc. Après sa période Hooker, Eddie Kirkland mène une carrière prolifique : It's the Blues Man! (1961, Prestige) — album majeur. I Must Have Done Somebody Wrong (1959, Fortune) — repris sans crédit par Elmore James, puis popularisé par les Allman Brothers, The Hawg (1963, Volt/Stax) — son hit Rythm 'n' Blues, Albums Trix, JSP, Telarc : Front and Center, The Devil and Other Blues Demons, Movin’ On, Lonely Street. Il a aussi été bandleader d’Otis Redding dans les années 60. Ce qui distingue Eddie Kirkland, c'est des accordages non standards et riffs tranchants, un jeu de slide guitar très expressive, son jeu de pouce, donnant un son percussif et rugueux, sa voix directe, sans fioritures, profondément marquée par le gospel et les medicine shows de son enfance. Son blues est dansant, nerveux, mobile, toujours en mouvement — un blues de route, de survie, de voyage. il est l'une des figures majeures du blues post-guerre, reliant le Sud rural, Detroit, Stax/Volt, puis les circuits indépendants des années 70–90. Eddie Kirkland a parfois tourné 40 semaines par an, partout aux États-Unis et en Europe. Il est une des influences des guitaristes de blues électrique qui recherchent un son brut et non standardisé. - Christian-Edziré Déquesnes.

 


mardi 11 août 2026

1090 & 345./ SYLVESTER COTTON : "Pay Day Blues" (1948), "Three Cent Stamp Blues" (1948) & "Sak-relation Blues (1948) - Extrait du cd-C/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records. - Première diffusion le 19.02.2024 - 31.

Sylvester Cotton est un bluesman fantôme : presque aucune trace biographique, mais une empreinte sonore unique ; il est l’un des bluesmen les plus mystérieux et fascinants du Detroit Blues — un musicien dont l’œuvre est minuscule, mais dont l’impact est immense pour ceux qui connaissent vraiment cette scène. Chanteur et guitariste de Detroit, actif entre les années 1940–1950. Né dans le Sud (probablement le Mississippi), il migre à Detroit comme beaucoup de bluesmen de l’époque, attiré par les usines automobiles et une scène musicale en pleine ébullition. Il n’a jamais enregistré d’album, n’a jamais eu de carrière commerciale, et pourtant il est devenu une figure culte grâce à quelques sessions privées captées par le producteur Joe Von Battle et ces enregistrements sont parmi les plus bruts, les plus intenses, les plus “Delta” jamais captés à Detroit. Sylvester Cotton, c’est un blues rural, presque archaïque, transplanté à la ville ; c'est une voix âpre, profonde, chargée de tension, accompagnée par un jeu de guitare accoustique percussif, hypnotique, proche de John Lee Hooker mais plus mélodique ; une manière de chanter comme si chaque phrase était arrachée à la vie. Il représente le Detroit Blues à côté de John Lee Hooker : un blues sans compromis, sans arrangements, sans studio, juste l’homme et sa guitare. Ses enregistrements sont rares mais on en trouve réunis vingt sur le cd 3 du coffret 4 disques du coffret "Garden City Blues" paru dans la collection de JSP Records, en 2015 ; ce sont des performances spontanées, d’une intensité presque primitive, minimaliste, répétitive, vix habitée, trances blues du Sud jouées dans le Nord. Sylvester Cotton c’est le blues non civilisé, non urbanisé, capté avant que le blues de Detroit ne devienne le Motown Sound. Visiblement Sylvester Cotton n’a jamais cherché la carrière avec son blues, ses enregistrements sont des sessions informelles, souvent faites dans l’arrière-boutique du producteur local Joe Von Battle, il n’a pas eu la chance d'être signé, produit et distribué par un label, de bénéficier d'un manager, ou d’avoir un hit commercial et ce qui en fait un trésor caché de l'histoire du blues ainsi qu'un témoin essentiel de ce que le blues de Détroit était avant de devenir un réel genre commercial. - Christian-Edziré Déquesnes.

 




lundi 10 août 2026

1089 & 341./ JOHN LEE HOOKER : "Catfish" (1951) , EDDIE BURNS : "Decoration Day Blues" (1951) & BIG JACK REYNOLDS : "Going Down South" (Early 60's - Detroit) - Extrait du cd-B/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records. - Première diffusion le 18.02.2024 - 26.

L’apport de John Lee Hooker au blues est immense : il a littéralement créé une manière de jouer, une manière de chanter, et une manière de ressentir le blues. Il n’est pas seulement un “grand bluesman” : il est un style à lui tout seul, immédiatement reconnaissable, et qui a influencé autant le blues que le rock, le folk, le boogie, et même la musique électronique. Il invente un blues hypnotique, minimaliste, totalement personnel Hooker n’utilise presque jamais les grilles classiques du blues (12 mesures, I–IV–V). Il joue “free-time”, c’est-à-dire qu’il laisse la pulsation se déformer selon l’émotion du moment ; un seul accord parfois, martelé comme un mantra, des riffs répétitifs qui créent une transe, Un tempo flottant, qu'il accélère ou ralentit selon sa voix, une guitare percussive, presque comme une percursion. Ce style est unique dans l’histoire du blues, personne avant lui n’avait osé casser autant les structures. Il est le créateu du boogie moderne, Le “boogie” existait déjà (chez les pianistes du Texas, chez les guitaristes du Mississippi), mais Hooker le transforme en boogie électrique urbain, brut, hypnotique. Avec "Boogie Chillen" en 1948, il invente un boogie urbain électrique, il crée un tube national à partir d’un enregistrement artisanal et ce qui influence directement le rock’n’roll naissant. Sans John Lee Hooker, pas de groupe tel que Canned Heat ou encore ZZ Top et tant d'autres. La voix de John Lee Hooker est inimitable, parlée, murmurée, incantatoire, John Lee Hooker ne chante pas “comme un bluesman” ; il parle, confie, implore, raconte, partage, sa voix est toujours demeurée un instrument de narration, jamais de virtuosité, elle confère au blues, une dimension intime, presque confessionnelle, ce style parlé-chanté qui influencera le folk, le spoken word... et même le hip hop, le rap, une manière de “dire”, voir de "vivre" en parole, le blues plutôt que de le chanter. Il a permi de faire entrer le blues dans l’ère électrique sans perdre en perdre l'âme rurale, contrairement à Muddy Waters, qui urbanise le blues avec un groupe. John Lee Hooker reste solitaire, joue souvent seul avec sa guitare électrique, garde une esthétique rurale, mais amplifiée. Il prouve qu’on peut être moderne en demeurant artistiquement sobre. Il donne une identité sonore à Detroit et les caractéristique de celui ci, Detroit n’avait pas de “son” blues avant lui en devenant le moteur de toute une scène (Eddie Burns, Bobo Jenkins, Cotton…), Il est aussi l’artiste qui permet aux petits labels locaux de survivre. Son influence gigantesque sur le rock, les rockeurs ont vu en John Lee Hooker un modèle de liberté rythmique et de puissance brute, il a directement inflencé The Rolling Stones, The Doors, Van Morrison, Canned Heat, Led Zeppelin (structure hypnotique de How Many More Times), Jack White de The White Stripes (qui le considère comme un maître absolu) et tant d'autres. John Lee Hooker est l’un des rares bluesmen à avoir collaboré avec des rockeurs smais se dénaturer ( écouter les albums : The Healer, Mr. Lucky, Chill Out). John Lee Hooker a fait du blues une musique de transe électrique C’est peut-être son apport le plus profond. Le blues, chez Hooker, n’est pas une suite d’accords, c’est un véritable état cérébral, une pulsation et des vibrations internes, il ouvre la voie d'un blues encore plus répétitif, avec des effets de drone (bourdon), un minimalisme électique, hypnotiques et modernes tout en demeurant primitif du blues-rock au stoner. John Lee Hooker n’a pas seulement enrichi le blues,il l’a transformé. Enfin il faut parler, aussi, de la poésie de John Lee Hooker, ce n’est pas une poésie « littéraire » au sens classique du terme mais elle est pourtant toute à fait inscrite dans la prosodie* - C'est une poésie orale, rythmique, incantatoire, construite comme un chant hypnotique qui se fait entendre, plutôt qu’un texte qui se lit ; si on supprime la guitare, il demeure une voix qui parle, qui martèle, qui répète, qui invoque. C’est une poésie de la transe, de la survie, du désir, de la colère, de la route, de la nuit, de la vie ; c'est la poésie de la parole et n'ont pas du texte. John Lee Hooker n’écrit pas des vers, il improvise, sa poésie naît dans l’instant, dans le moment, comme un bluesman du Delta qui raconte ce qu’il ressens au moment même où il vit son blues, cela donne des phrases courtes, des répétitions obsessionnelles, des variations infimes et intimes, des ruptures soudaines, des mots lancés comme des coups de semonce. Parlant plus qu’il ne chante. Il incante. Chez John Lee Hooker, répéter n’est pas manquer d’inspiration : c’est créer un monde ; La répétition installe la transe, transforme une chanson en rituel. Il fait monter la tension de son blues dans dimension chamanique ; une poésie brute qui tourne sur elle même, des boucles qui viennent, passent et reviennent, une vérité de l'instant et obsessionnelle dans le moment. AQvec sa poésie qui marche, avance, évolue, s'éléve, John Lee Hooker par son blues est un poète du mouvement de la route, du départ, de l'errance, du vagabondage, de l’homme seul qui avance dans un univers est celui du hobo, du travailleur migrant, du bluesman qui ne reste jamais longtemps au même endroit. Sa poésie est inscrite dans les géographies de Detroit, du Mississippi, des rues, des bars, des usines et de la nuit plus que le jour, elle a donc aussi une dimension sociologique indéniable par ce qu'elle offre de témoignage. John Lee Hooker est un poète nocturne, tel un chaman qui chuchote dans la pénombre. La solitide, les désirs du corps, la violence sourde de la condition humaine, les fatiques du corps et de l'esprit sont aussi des éléments omniprésents de manière brute quand John Lee Hooker parle des désirs du corps, c'est sans métaphore, sans détour, sans la précaution de l'élégance, cest physique, directe, primitive, il énonce la chaleur, la frustration, la jalousie, le manque, la possession et sans aucune volonté de lyrisme, c'est la vérité nue et brute mais curieusement telle est énoncée "primitivement", voir nuancée par la voix, elle ne sombre pas dans la vulgarité ; Cela certainement à cause de la magie d'une prosodie interne, d'une pensée intuitive propre à John Lee Hooker du rythme et des mots mêlés pour une poèsie qui pulse, qui martèle, qui respire, qui sonne, qui résonne, qui si il le faut se déègle, se se réaccorde de par la voix, une poésie rythmique avant d’être verbale, un sens qui nait du du groove (du coeur battant de John Lee Hooker), pas directement des mots mais de la manière dont ils sont énoncés, prononcés, chantés. Le point essentiel est peut-être de signifier que cela offre une poésie de l’hypnose, obsédante, qui transforme l’auditeur en témoin d’un rituel dans lequel s'installe un état de transe,portée par la répétition et le rythme que l'on retrouve dans certaine musique traditionnelle d'Afrique et d'ailleurs à ce sujet, de par sa démarche il peut être aisément comparé à un griot africain, notamment du Mali et ce qui a fait dire à Ali Farka Touré, chantre de la musique maliènne moderne : “John Lee Hooker, c’est comme un frère.” . - Christian-Edziré Déquesnes. - p.s : *La prosodie, en linguistique comme en poésie, désigne l’ensemble des phénomènes sonores qui accompagnent la parole ou le vers ; c’est l’art de rythmer et de moduler la langue. La prosodie c'est donc le rythme, l'alternance des syllabes, la vitesse, le débit, l’accentuation — mise en relief de certaines syllabes ou mots, l’intonation — montées, descentes, courbes mélodiques de la voix, la durée — longueur des sons, des syllabes, des pauses, Le timbre — couleur vocale, qualité sonore. En poèsie La prosodie est l’ensemble des règles qui organisent les sons dans un poème : nombre de syllabes (mètre), rimes, rythme interne, césures, accentuation du vers, cela a pour fonction d'offrir donner musicalité, structure, et émotion au texte. En musique et en chant, La prosodie désigne la manière dont les mots s’ajustent à la mélodie ; dans le blues, La prosodie est presque toujours libre, intuitive, orale, improvisée, jouant sur les répétitions, les variations de débit, des accents irréguliers, des intonations expressives, notamment avec et chez John Lee Hooker dont la prosodie est parlée-chantée, hypnotique, au servive d'un bluees incantatoire à la fois puissament primitif et moderne.
Eddie “Guitar” Burns (1928–2012) était un guitariste, harmoniciste, chanteur et auteur-compositeur de blues, né à Belzoni (Mississippi) et installé à Detroit dès 1948. Il est le plus important bluesman de Detroit après John Lee Hooker. Né dans le Delta, élevé par ses grands-parents, son père a été chanteur dans des medicine shows. Eddie Burns apprend l’harmonica en autodidacte et fabrique sa première guitare lui‑même. En 1948, il vient à Detroit, il joue dans les house parties du quartier Black Bottom, où il rencontre John Lee Hooker, ce dernier est impressionné par son harmonica et l’invite à enregistrer avec lui ; Eddie Burns participe alors à plusieurs sessions, puis devient un accompagnateur régulier de John Lee Hooker qui le forme pour le remplacer dans les clubs lorsque lui-même part en tournée. Eddie Burns est un pont entre le country blues du Delta et le blues urbain électrique de Detroit, le jeux expressif de son harmoonica est un héritage du Delta-blues du Mississippi, son jeu à la guitare électrique est influencé par T-Bone Walker (swing) mais aussi les rythmes hypnotiques de John Lee Hooker, en plus structurés. Il est l’un des rares musiciens à avoir maintenu un blues traditionnel tout en l’adaptant aux sons rythm 'n' blues de Detroit et aux évolutions Montown des années 60's de cette dernière. - Christian-Edziré Déquesnes.

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===>Going Down Slow (youtube.com)

1088 & 344./ JOHN LEE HOOKER : "Shake Your Boogie", (1948 _ Detroit), "Poor Slim" (1948 - Detroit) & "Mercy Blues" (1948 - Detroit) .- Extraits du cd-A/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records.- Première diffusion le 18.02.2024 - 28.

C’est un coffret majeur pour comprendre la scène blues de Detroit avant l’ère Motown. Garden City Blues – Detroit’s Jumping Scene 1948–1960 (JSP Records, 2015) est un coffret 4 CD rassemblant une grande partie des enregistrements fondateurs du blues urbain de Detroit, avec un accent très fort sur les débuts de John Lee Hooker, mais aussi sur toute une constellation d’artistes locaux souvent négligés dans les anthologies classiques. Ce que contient le coffret un ensemble complet des premiers enregistrements de John Lee Hooker, réalisés pour de petits labels indépendants (Fortune, Sensation, Staff, JVB…). On y retrouve ses boogies électriques minimalistes, ses blues hypnotiques, et ses variations autour de ses premiers succès (Boogie Chillun, Wednesday Evening Blues, Shake Your Boogie, etc.). Les deux premiers disques cd sont presque entièrement consacrés à Hooker. Un volet essentiel consacré aux “second couteaux” de Detroit, pourtant décisifs dans la vie musicale locale : Eddie Burns (grand guitariste et harmoniciste, compagnon de route de Hooker), Sylvester Cotton, Bobo Jenkins, Eddie Kirkland, Big Jack Reynolds, Richard Brothers, etc. Ces artistes ont façonné le son brut, électrique, souvent improvisé, des bars et clubs de Monroe Street et Hastings Street. Le travail de remasterisation typique de JSP : propre, respectueux, sans excès de filtrage, permettant d’entendre clairement les prises originales souvent enregistrées dans des conditions très artisanales.Le texte de du livtry par le label insiste sur le contexte : Detroit, avant Motown, qui était une ville sans grande maison de disques, mais avec une activité musicale foisonnante portée par des labels minuscules et des studios improvisés. Un personnage clé apparaît : Elmer Barbee, disquaire et propriétaire d’un petit studio, qui a “découvert” John Lee Hooker en le voyant jouer dans un bar de Monroe Street. C’est lui qui a permis les premiers enregistrements qui ont lancé la carrière de John Lee Hooker. Le coffret essentiel pour tout amateur de blues qui veut appréhender les débuts du blues électrique à Detroit, alter égo en la matière de Chicago, documente donc sérieusement : la transition du blues rural vers un blues urbain électrique, l’émergence d’un style propre à Detroit, différent de Chicago, la vie musicale d’une ville industrielle en pleine mutation. Pour les amateurs de John Lee Hooker : c’est l’une des compilations les plus complètes de ses débuts ; pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du blues urbain et des scènes locales oubliées, il me parait incontournable mais pour les collectionneurs, le coffret est épuisé (“out of print”) dans le catalogue de JSP Records*, ce qui le rend difficile à trouver en seconde main. Un coffret anthologique onc massivement historique et passionnant, qui restitue la vie musicale de Detroit entre 1948 et 1960, avec une immersion dans les premiers enregistrements de John Lee Hooker et une mise en lumière de nombreux artistes locaux. C’est l’un des meilleurs documents disponibles sur le blues de Detroit avant l’explosion Motown.- Christian-Edziré Déquesnes. * Je tiens à souliger que je considére le travail et les très nombreuses publications du label JSP Records comme une mine exceptionnelle de trésors musicaux du blues, du folk, de la country, du jazz, du siffle et parfois même de musiques traditionnelles ou des débuts du rock 'n' Roll. - Christian.Edziré Déquesnes.






1090 & 347./ EDDIE KIRKLAND : "I Must Have Done Somebody Wrong" & "Train Done Gone" (1959) - Extrait du cd-D/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records. Première diffusion le 19.02.2024 - 30.

Eddie Kirkland (1923–2011) est l’une des figures les plus singulières et nomades du blues américain — un musicien que l’on surnommait “The...