MUZE HIC ! & BLUESTALGIE
mercredi 26 août 2026
mardi 25 août 2026
1115./ THE BOB GEDDINS Blues Legacy - cd B : "STRANGEST BLUES" (1954, Jimmy Wilson) & "BEGGAR MAN BLUES" (1954, Willie B. Huff). Bob Geddins était un authentique bluesman, musicien mais surtout un incroyable producteur, une superbe anthologie (parue en 2009 sur JSP Records) permet de mesurer son travail. - Première diffusion le 08.01.2022.
1114./ BOB GEDDINS, le producteur artisan du blues d'Oakland et de LOWELL FULSON & THE FUL-RONES : "Thinking Blues" (1947), JIMMY McCRACKLIN : "Miss Mimmie Lee Blues" . - Extraits du cd 1/4 du coffret "The BOB GEDDINS Blues Legacy", paru en 2009 sur le label JSP Records.
Dans l’histoire du blues américain, certains noms brillent en pleine lumière, d’autres travaillent dans l’ombre, mais leur empreinte est si profonde qu’elle façonne tout un paysage musical. Bob Geddins (1913–1991) appartient à cette seconde catégorie : un homme discret, obstiné, passionné, qui a bâti presque seul le son du blues de la côte Ouest. À Oakland où on le citait comme 'le parrain du blues local". Né à Highbank, au Texas, Geddins grandit dans un environnement où le blues est une langue quotidienne. Quand il s’installe en Californie pendant la Seconde Guerre mondiale, il découvre une scène en pleine effervescence : des musiciens venus du Sud, des clubs bondés, une énergie brute qui ne demande qu’à être captée. Geddins comprend immédiatement ce qui manque : des studios, des labels, des gens capables d’enregistrer cette musique. Alors il décide de le faire lui-même, devient un producteur indépendant et à partir de 1948, Bobn Geddins fonde une constellation de labels — Art-Tone, Big Town, Cava-Tone, Down Town, Irma, Plaid, Rhythm, Veltone… au moins huit labels auxquels s’ajoute le micro‑label Gedinson’s dans les années 60 ; souvent installée dans des locaux modestes, parfois improvisés, mais toujours animés par la même idée : donner une chance aux musiciens de la Bay Area. Il enregistre tout le monde : les habitués des clubs, les talents bruts, les voix qui n’auraient jamais franchi la porte d’un grand label. Il presse les disques, les distribue lui-même, les vend dans les magasins locaux. Geddins est un producteur, un ingénieur du son, un entrepreneur, un passeur. Il fait tout, parce que personne d’autre ne le fait. Aucun enregistrement connu ne le présente comme instrumentiste ; les sessions qu’il dirigeait mettaient en avant les artistes, jamais lui, il ne chantait pas et n’a laissé aucun enregistrement vocal à l'exception d'un enregistrement 'Irma Jean Blues" de 1946. Son rôle était entièrement tourné vers la production, l’écriture et la mise en valeur des autres. Bob Geddins n'apparait sur aucun enregistrement en tant que muscien, mais comme producteur, ingénieur du son, propriétaire de label parfois comme compositeur (crédité ou non),mais jamais comme guitariste, organiste ou chanteur. Les artistes qu’il révèle, grâce à lui, trouvent leur voie : Lowell Fulson, figure majeure du West Coast blues, Jimmy McCracklin, pilier de la scène d’Oakland, Johnny Fuller, dont Geddins produit le futur classique 'Haunted House', Sugar Pie DeSanto, voix flamboyante du Rythm 'n', Etta James, encore jeune, star en devenir. Bob Geddins ne cherche pas à fabriquer des stars : il cherche à capturer la vérité de ces artistes, leur énergie, leur identité ; c'est aussi un compositeur sous-estimé, on oublie souvent que Geddins est aussi un excellent songwriter. Plusieurs titres devenus des standards portent sa signature : Tin Pan Alley, Mercury Blues, My Time After A While, Haunted House, ces chansons ont été reprises, transformées, parfois dépossédées de leur auteur, mais leur origine raconte une chose : Bob Geddins savait écrire le blues avec une simplicité poignante, une efficacité redoutable. Le blues californien n’aurait pas sans la même couleur sans lui. Son travail a permis à une scène locale de se forger, de laisser des traces, de survivre. En 2009, le coffret The Bob Geddins Blues Legacy, paru sur le label JSP a rappelé au monde l’ampleur de son œuvre : 107 enregistrements, une mosaïque de voix, de guitares, de vies. Bob Geddins n’a jamais recherché la gloire. Il a cherché la musique. Et il l’a trouvée partout où elle se cachait : dans les bars d’Oakland, dans les garages, dans les voix fatiguées des travailleurs du Sud venus refaire leur vie en Californie. Son héritage n’est pas celui d’un magnat. C’est celui d’un artisan, d’un homme qui a construit un pont entre des musiciens et leur public. Un homme qui a permis au blues de la côte Ouest d’exister, de respirer, de perdurer. - Christian-Edziré Déquesnes.
dimanche 23 août 2026
samedi 22 août 2026
1111./ SYLVESTER COTTON : " I Tried" (Detroit - 1948). - Extrait du 33 tours : "Sylvester Cotton - Detroit Blues Vol. 1 - I Tried 1948 - 1949", paru en 1984.
Improvisation en studio, "I Tried" est constirué de paroles spontanées où Sylvester Cotton remercie Bernie Besman, le producteur, pour l’enregistrement ; ce titre a été même attribué, à l'époque, par erreur à John Lee Hooker lors de son édition sur Modern Records.
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