mardi 11 août 2026
1090 & 345./ SYLVESTER COTTON : "Pay Day Blues" (1948), "Three Cent Stamp Blues" (1948) & "Sak-relation Blues (1948) - Extrait du cd-C/4 du coffret "Garden City Blues - Detroit's Jumping Scene 1948-1960", paru en 2015 sur le label JSP Records. - Première diffusion le 19.02.2024 - 31.
Sylvester Cotton est un bluesman fantôme : presque aucune trace biographique, mais une empreinte sonore unique ; il est l’un des bluesmen les plus mystérieux et fascinants du Detroit Blues — un musicien dont l’œuvre est minuscule, mais dont l’impact est immense pour ceux qui connaissent vraiment cette scène. Chanteur et guitariste de Detroit, actif entre les années 1940–1950. Né dans le Sud (probablement le Mississippi), il migre à Detroit comme beaucoup de bluesmen de l’époque, attiré par les usines automobiles et une scène musicale en pleine ébullition. Il n’a jamais enregistré d’album, n’a jamais eu de carrière commerciale, et pourtant il est devenu une figure culte grâce à quelques sessions privées captées par le producteur Joe Von Battle et ces enregistrements sont parmi les plus bruts, les plus intenses, les plus “Delta” jamais captés à Detroit. Sylvester Cotton, c’est un blues rural, presque archaïque, transplanté à la ville ; c'est une voix âpre, profonde, chargée de tension, accompagnée par un jeu de guitare accoustique percussif, hypnotique, proche de John Lee Hooker mais plus mélodique ; une manière de chanter comme si chaque phrase était arrachée à la vie. Il représente le Detroit Blues à côté de John Lee Hooker : un blues sans compromis, sans arrangements, sans studio, juste l’homme et sa guitare. Ses enregistrements sont rares mais on en trouve l'intégral, au nombre de vingt, réunis sur le cd 3 du coffret 4 disques du coffret "Garden City Blues" paru dans la collection de JSP Records, en 2015 ; ce sont des performances spontanées, d’une intensité presque primitive, minimaliste, répétitive, vix habitée, trances blues du Sud jouées dans le Nord. Sylvester Cotton c’est le blues non civilisé, non urbanisé, capté avant que le blues de Detroit ne devienne le Motown Sound. Visiblement Sylvester Cotton n’a jamais cherché la carrière avec son blues, ses enregistrements sont des sessions informelles, souvent faites dans l’arrière-boutique du producteur local Joe Von Battle, il n’a pas eu la chance d'être signé, produit et distribué par un label, de bénéficier d'un manager, ou d’avoir un hit commercial et ce qui en fait un trésor caché de l'histoire du blues ainsi qu'un témoin essentiel de ce que le blues de Détroit était avant de devenir un réel genre commercial. - Christian-Edziré Déquesnes.
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